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| expédition Ladakh |
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| Le Ladakh: terre des nomades et paradis des trekkeurs |
récit de voyage
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Le Ladakh nous a séduit à tous égards. La beauté des
vallées et des sommets nous a continuellement confirmé que nous avions choisi
une destination hors de l’ordinaire. De plus, la gentillesse et la simplicité
des gens de cette région nous ont enchanté. Ce trek en haute altitude nous a
demandé d’être en bonne condition physique et d’avoir une capacité à faire face
aux imprévus. Nos efforts, mis autant à la préparation qu’à la réalisation, ont
été récompensés par d’innombrables souvenirs de ce trek en montagne.
Situons d’abord le Ladakh : cette région se trouve
au nord de l’Inde avec comme frontières à l’est la Chine (le Tibet) et à
l’ouest, le Pakistan. Ce territoire est niché entre les chaînes de montagnes du
Karakoram où l’on retrouve le K2 (Pakistan) et l’Himalaya qui abrite l’Everest
(Népal). Le Ladakh se nomme aussi le petit Tibet. Son nom signifie en Ladakhi « Terre
des hauts cols », ce qui donne tout son sens aux types de treks de cette
région qui se situeront en très haute altitude dans la majorité des itinéraires
proposés.
Une expédition dans cette contrée demande une expérience relativement
importante en haute altitude si le voyageur s’y rend de façon autonome. Pour
ceux qui en seraient à leur première expérience en altitude, il est avisé d’utiliser
la formule de groupe soit par l’intermédiaire d’une agence d’expédition du
Québec ou par une agence locale certifiée à Leh, capitale du Ladakh (28 000
habitants).
Plusieurs circuits de longue randonnée existent à partir
de Leh. Les agences locales vous proposeront un trek à votre mesure pouvant varier
de quelques jours à plusieurs semaines. La décision de l’itinéraire dépendra du
défi que vous désirez relever. Toutefois, indépendamment de votre choix, il
faudra compter au départ de trois à quatre jours à Leh (3 500 mètres)
pour l’acclimatation à l’altitude afin de rendre votre séjour agréable.
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Notre trek :
Markha Valley et Karnak Valley
Nous avons choisi ce trek pour plusieurs raisons. Markha
Valley est reconnu comme l’un des plus beaux treks du Ladakh mais il est très
fréquenté. Nous souhaitions n’être que de passage dans cette vallée, ce que
notre itinéraire nous a permis. La Karnak Valley est un trek méconnu et plus
isolé dont la beauté des paysages nous a surpris tous les jours ; de plus,
nous souhaitions connaître le peuple des nomades qui y vivent. Enfin, la
combinaison des deux vallées nous permettait de marcher quotidiennement pendant
la majorité du trek à plus de 4 500m d’altitude et de franchir des cols de plus
de 5 000m. Donc un trek qui combinait beauté des paysages, isolement et un
défi à notre mesure.
En juillet 2009, après 30 heures de voyagement,
Marie-France et moi atterrissons à Leh. Nos premières journées sont consacrées
à s’adapter à l’altitude. Pour se faire, nous utilisons la formule suivante :
repos, boire beaucoup d’eau, explorer la charmante ville de Leh, côtoyer des
moines bouddhistes et faire graduellement l’ascension des petits sommets des
environs. Nous en profitons pendant ce
temps pour finaliser les aspects logistiques du trek. Nous avions organisé ce
trek de Montréal avec l’agence locale Dreamland Trek and Tour, agence
recommandée dans plusieurs guides de trekking.
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Un trek en 4 temps
L’acclimatation étant terminée, nous nous sentions en
pleine forme pour quitter Leh avec notre équipe, un guide qui agira aussi à
titre de cuisinier, un aide de camp, un « horseman » et ses quatre
chevaux.
La première étape de notre expédition était de franchir
le col Kongmaru La (5 200m). Pour réaliser l’approche nous avons effectué la Markha
Valley dans le sens opposé. Une approche de deux jours qui a été agrémentée de
paysages colorés. Les formations
rocheuses des montagnes représentaient des structures dignes du film des
Seigneurs des anneaux. Sur notre parcours, nous avons croisé les premiers
petits villages dont le charme annonçait la suite du voyage. Nous avons établi
notre campement du jour un à Lartse à 4 100m.
Au levé du deuxième jour, le thé est servi à la tente
avant le petit déjeuné. Il en sera de même tous les matins. Nous quittons tôt pour poursuivre
notre approche afin d’atteindre le col Kongmaru La. Le défi nous apparaissait important
à relever plus nous avancions vers le point culminant. Après plusieurs heures d’approche,
nous commençons une montée imposante. Pour la dernière heure en direction du
col, nous avons dû puiser dans nos réserves d’énergie et pourtant nous étions
en excellente forme physique. La diminution de l’oxygène, malgré notre
acclimatation, se faisait sentir. Arrivés enfin au col, l’altimètre nous indique
5288m, nous nous félicitons de cette belle ascension. Pendant un moment, entourés
de drapeaux de prières bouddhistes, nous avons observé la beauté des montagnes
et des cimes enneigées.
Notre descente est agrémentée par de verts pâturages où
les nomades de la vallée passent durant l’été pour y nourrir les yaks et les
chèvres. Notre prochain campement à Nimaling (4720m) est le plus beau du Ladakh
selon notre guide et offre une vue magnifique sur le Mont Kangyaze (6400m), le
plus haut sommet du Ladakh, où de plus en plus de grimpeurs tentent
l’ascension. Possiblement le plus beau site selon ses goûts, mais aussi le plus
fréquenté… À notre passage, il y avait plus de trois cents campeurs, assez incroyable
si on y ajoute une soixantaine de mulets. Malgré cela, l’emplacement s’est
avéré relativement calme.
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Nous avions planifié camper beaucoup plus bas pour éviter
le mal d’altitude et nous étions étonnés par cette initiative de notre guide. Malgré
notre acclimatation du début, notre ascension a été trop rapide. Nous nous sommes
retrouvés avec des symptômes inquiétants qui nous demandaient d’être
attentifs l’un envers l’autre. Nous avions toutefois la possibilité de
descendre rapidement si la situation empirait ou d’utiliser la médication
recommandée. Nous avons profité de la fin de l’après midi pour nous reposer et
boire beaucoup de thé au gingembre (très bon contre le mal d’altitude selon
notre guide). Après ce repos, nous nous sentions mieux.
Lors du souper, nous avons saisi l’occasion pour faire
une mise au point avec notre guide afin d’éviter que des modifications à
l’itinéraire soient apportées sans notre consentement. Notre planification initiale
tenait compte des standards de marche à respecter en haute altitude quant aux
montées, aux descentes et aux couchés afin d’éviter le mal aigu de montagne (MAM).
De façon générale, la littérature spécialisée en activité en altitude
recommande un gain 300
mètres par jour entre les couchés. Certaines sources mentionnent
qu’il peut être possible de l’augmenter à 500 mètres. Chaque gain
de 1000 mètres
devrait être accompagné d’une journée de repos. Un principe facile à retenir
est de monter haut dans la journée et de redescendre plus bas pour passer la
nuit.
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Dans les journées suivantes, nous entreprenons la
deuxième étape du trek par la poursuite de l’exploration de la vallée de Markha.
Notre guide nous fait découvrir un sentier fréquenté par les gens de la région.
Au cours de la matinée, nous avons rencontré une jeune fille à la recherche de
son bébé âne. Bien que le sentier à remonter ne soit pas de tout repos, elle
nous a dit qu’elle mettrait malgré tout la main sur son âne et qu’elle verrait
à bien l’attacher la prochaine fois. Nous l’avons rassurée en lui disant que
nous avions aperçu son animal un peu plus tôt dans la matinée. Nous avons aussi
discuté avec d’autres gens locaux et des commerçants. Ces derniers transportent
à l’aide de mulets leurs produits pour les vendre de village en village. Bien
souvent, les sourires et les rires faisaient partis de nos échanges.
À la croisée des deux vallées, nous profitons de l’avance
sur notre horaire pour visiter le village de Markha. Nous saluons un berger, quelques
habitants et les commerçants rencontrés au matin. Les habitations sont
abandonnées dans la majorité des cas et d’autres sont habitées. Le fort de
Markha, établi à flanc de montagne, est une construction de maître. Nous y
retrouvons un temple « gompa »et des monuments « stupas »
bouddhistes. Ce village est orné de drapeaux de prière afin de veiller sur ses
habitants.
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Après notre visite, nous prenons la route pour la vallée
de Karnak, la troisième étape de cette expédition. Nous sommes étonnés de
l’isolement de ce secteur. D’ailleurs, tout au long de notre séjour dans cette
vallée, nous n’avons croisé aucun touriste. L’exploration de cette vallée a
commencé par une montée graduelle vers un autre col d’importance, le Zalung
Karpo La (5200m). Pour s’y rendre, nous avons traversé plusieurs rivières. La
beauté des paysages a culminé à l’arrivée du sommet du col : un 360°donnant
l’impression d’être en plein cœur de l’Himalaya. La vue de ces montagnes nous a
émerveillé, nous avons été surpris de ce qui se cachait derrière ce col, soit
un des plus hauts plateaux au monde le Chang Tang. Après une pause, nous avons commencé
une descente abrupte jusqu’à des gorges spectaculaires par lesquelles nous avons
eu accès à des villages de nomades. Nos visites aux villages de Khar et de Dat
nous ont permis de découvrir le mode de vie des nomades ainsi que leur accueil.
Pour la dernière étape du trek, nous nous sommes dirigés
vers le lac TsoKar en traversant à plus de 4500m d’altitude un désert pendant
deux jours. Ce paysage n’a pu à nouveau nous laisser indifférents que ce soit
par son immensité ou par les chevaux sauvages que nous avons vus courir au loin
sur ce sol de roche et de sable. Nous avons croisé de nombreux nomades qui nous
ont démontrés encore une fois leur hospitalité. Le lac Tso Kar est
constitué d’eau salée et de berges de sel d’un blanc immaculé. Les oiseaux
migrateurs étaient nombreux et maîtres de l’endroit. Le trek prenait fin ainsi
après dix jours de marche.
Notre dernier soir a été marqué par une petite fête que
nous avions initiée avec notre équipage. Celle-ci a été agrémentée par un
festin tibétain et indien, des chants du Ladakh et du Québec. Nos nouveaux amis
nous ont salué et nous les avons remercié pour nous avoir fait vivre cette très
belle expérience.
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Points de repère
Quand y aller: le meilleur temps de l’année pour y
faire un trek est de juin à août.
Comment y aller: un vol international jusqu’à Delhi,
puis un vol local jusqu’à Leh ; il est important de réserver d’avance pour
le vol intérieur car ces vols sont très achalandés. Nous avons choisi de faire
le retour par la route en 2 jours vers Manali par la Himachal Road, la plus
haute route au monde, qui passe par des cols de plus de 5000m, ce qui est une
expérience en soi, il faut ensuite compter une à deux autres journées pour se
rendre à Delhi.
Livres de référence: « Trekking in
Ladakh » par Charlie Loram. « India » édité chez Lonely Planet.
Visa: du Canada il est nécessaire d’avoir un visa. Pour
plus d’information, consulter le site web du consulat indien.
Vaccins et médicaments: consulter la clinique des
voyageurs de votre région.
Coût du trek par jour: plusieurs formules de
trek et prix existent. Vous pouvez faire affaire directement du Québec avec une
agence locale par Internet pour réserver (s’assurer de la fiabilité de l’agence).
Les prix varient selon ce qui est inclus dans le trek. Nous avons payé $130.00
par jour pour deux personnes tout inclus pour un trek privé. L’agence a fourni
une liste détaillée de ce que comprenait notre expédition. Sur place, de
nombreuses agences offrent des treks quotidiennement. Plusieurs agences
expérimentées au Québec, en voyage d’aventure, offrent des forfaits intéressants.
Bonne expédition! |
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| copyright Benoit Marsan 2010 |
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